La Bentley S1 (nommée à l’origine « Bentley S ») est une voiture de luxe produite par Bentley Motors Limited de 1955 à 1959, dérivée de la refonte complète de la Rolls-Royce Silver Cloud I, à l’exception de la calandre spécifique. Sous le capot, les deux véhicules étaient équipés d’un six cylindres en ligne de 4,9 litres qui développait environ 155 chevaux. En automne 1955, Bentley a lancé la série Continental, qui n’existait que sous forme de châssis prêt à rouler.

Le nom Continental évoque le voyage à grande vitesse sur de longues distances dans le luxe. À juste titre, c’est exactement l’expérience luxueusement confortable dans la tradition britannique que les modèles Continental de Bentley ont fourni à leurs propriétaires privilégiés dans les années 1950.

Sur le châssis en acier, seul l’empattement a été rallongé de 80 millimètres pour atteindre 3125 millimètres. Le taux de compression du moteur a été augmenté, d’abord à 7,5:1, puis à 8,0:1, et un nouveau système d’échappement autorisait une puissance d’environ 180 ch ; la boîte de vitesses était automatique à quatre rapports, comme sur le modèle de base.

Les clients commandaient un châssis et le faisait carrosser. Mais comme pour le modèle précédent – la R-Type Continental -, la plupart des carrosseries provenaient de H.J. Mulliner, 218 exemplaires sur un total de 431 S1 Continental construites, principalement les Sports Saloon.

Le designer en chef de Rolls-Royce de l’époque, John Blachley, avait conçu pour le carrossier Park Ward. appartenant à Rolls-Royce (sic !) un joli coupé deux portes, dont 39 exemplaires ont probablement été produits sur la base de la S1 Continental.
Le Drophead Coupé (terme anglais pour désigner un cabriolet) en a été dérivé, probablement en 86 exemplaires et fait aujourd’hui partie des Bentley les plus recherchées.

La voiture présentée ici porte le numéro de châssis BC25 LDJ, était peinte en argent métallique d’origine (avec un intérieur bleu) et été livrée le 3 avril 1958 au prince héritier d’Iran, Abd ul-Ilah du Hedjaz, assassiné avec sa famille lors du coup d’État militaire le 14 juillet 1958. Le véhicule est ensuite arrivé dans les mains de l’homme d’affaires irakien Omar al-Janabi qui l’a peint en blanc pour le mariage de son fils. La Bentley a attiré l’attention du dictateur irakien Saddam Hussein qui a envoyé ses sbires pour lui demander poliment de lui offrir le cabriolet…. C’est ainsi que la S1 a rejoint la remarquable collection de voitures de Saddam. où elle a été repeinte en bicolore bleu et argent.

Après la chute du dictateur, Janabi s’est précipité dans le palais pour retrouver son véhicule. Mais la foule en colère avait déjà saccagé ou volé une partie de la collection, et la Bentley fut retrouvée : les sièges, la mascotte du capot Bentley, le capot de la malle et les phares avaient été volés, sans compter une carrosserie bien abimée. Mais son propriétaire légitime a pu faire valoir ses droits auprès de l’armée américaine et récupérer son bien En 2015, la voiture a été vendue au collectionneur canadien Steve Maman, qui a fait restaurer le véhicule à la perfection au cours des dernières années.

Cette auto a été vendue en aout 2022 pour 1 875 000 $.