Utilisant des composants mécaniques Citröen SM, ce prototype unique a été créé par la Carrozzeria Frua en 1971 et présenté pour la première fois au Salon de Genève en mars 1972. À l’époque, Citroën possédait Maserati et ce « concept car » au style Frua ressemble remarquablement à la Maserati Khamsin. Cette dernière a été vue pour la première fois en tant que prototype exposé par la Carrozzeria bertone au salon de l’automobile de Turin en 1972, et a fait ses débuts en tant que modèle de production Maserati au salon de l’automobile de Paris en 1973. La Khamsin était équipée d’un moteur V8, tandis que la Citröen SM était équipée d’une traction avant et d’un moteur V6 Maserati à 90 degrés. La SM de Frua doit peut-être son existence à des propositions de voitures de sport Maserati à traction avant, et bien que la société italienne ait utilisé le moteur V6 inspiré de Citröen, ce fut dans la Merak à moteur central.

Citröen avait acheté Maserati en 1968, principalement pour acquérir la technologie des moteurs de cette dernière pour son nouveau coupé haut de gamme Gran Turismo, et la firme italienne a répondu à cette demande avec une rapidité remarquable grâce à un V6 à quatre arbres à cames et 90 degrés.

Présentée en 1970, la SM (Série Maserati) associe le savoir-faire de Maserati en matière de moteur à la technologie avancée de Citröen en matière de châssis, avec une suspension hydropneumatique à correcteur d’assiette de type DS, des freins à disque assistés sur tout le pourtour, une direction à centrage automatique et des phares orientables. Après quelques jonglages sur les dimensions du moteur, une cylindrée de 2 670 cc a été retenue pour une puissance de 170 ch.

Frua présenta son coupé au Salon de Genève 1972. L’auto reprenait le groupe motopropulseur de la SM. En revanche elle reposait sur un châssis de DS raccourci. Elle était donc plus petite que la SM, notamment au niveau de son empattement, gage d’une vivacité accrue. Son instrumentation fut importée de la SM et intégrée à une planche de bord légèrement redessinée.

Le style extérieur du coupé, en revanche, n’avait plus grand-chose de Citroën et s’inscrivait parfaitement dans la lignée des sportives italiennes signées Ferrari/Dino, Bizzarrini, De Tomaso ou… Maserati. Et, justement, si le projet ne se poursuivit pas avec Citroën, il fut retravaillé par Pietro Frua pour aboutir à la Maserati Merak de 1972, qui en reprit notamment les montants arrière ajourés.

Citröen était à l’époque le leader mondial de l’aérodynamisme des voitures particulières. Le coefficient de traînée de la SM, le meilleur de sa catégorie, lui permettait d’atteindre les 140 milles à l’heure, ce qui en faisait la voiture à traction avant la plus rapide jamais construite à l’époque. Le modèle a été abandonné prématurément en 1975 après l’acquisition de Citröen par Peugeot.

Après ses débuts à Genève en 1972, la Frua Citröen SM est présentée au Salon international de l’automobile de Barcelone où elle aurait trouvé preneur, elle resta dans ce pays jusqu’en 1980 avant d’être rachetée par un Italien qui modifia la couleur de la voiture ainsi que l’intérieur d’origine crème qui devient noir. Si la Citroën SM Frua est unique, ce modèle est homologué pour la route et existe de nos jours.