Lors de son lancement en 1965, l’Iso Grifo a bénéficié de la contribution de quelques-uns des plus grands noms de l’automobile. L’élégante carrosserie a été conçue par Giorgetto Giugiaro chez Bertone, tandis que l’ingénierie a été confiée à Giotto Bizzarrini – l’homme qui avait réalisé une grande partie du développement de la 250 GTO lorsqu’il travaillait chez Ferrari.

La recette de base consiste à associer le style et l’ingénierie italiens à un moteur V8 Chevrolet de petit calibre. Ce robuste moteur était proposé en deux versions, la plus puissante développant 365 ch – de quoi faire de la Grifo une rivale des GT raffinées produites par Ferrari et Maserati. C’était une fierté impressionnante pour une entreprise qui avait commencé dans les années 1950 en fabriquant des micro-voitures à moteur de motocyclette.

Le modèle de la série 2 a suivi en 1970 et présentait un style subtilement révisé, le changement le plus évident se situant à l’avant, où les phares étaient dissimulés sous des caches soignés. Les variantes les plus extrêmes de la Grifo étaient équipées des moteurs Chevrolet de 7 litres ou 7. 4 litres qui portaient la puissance à plus de 400 ch. En 1972, à la fin de la période de production du modèle, le modèle IR-8 a été introduit avec des moteurs Ford V8.

La fiche d’assemblage de la voiture présentée ici (châssis 120342) confirme qu’il s’agit bien d’une Série II « 7 Litri » à boîte ZF. Elle mentionne aussi un rapport de pont « long », de 2,88 : 1. Elle était à l’origine de teinte bleue avec sellerie noire et fait partie des très rares versions IR-9 dites « Can-Am », équipées d’un moteur Chevrolet Corvette 454 ci (7,4 litres) développant près de 400 ch. Sur un total de 413 Iso Grifo, on compterait une vingtaine de Série II et celle-ci est la seule de ce type qui ait été vendue neuve en France.

Ce modèle est particulièrement intéressant car il correspond à l’ultime évolution de l’Iso Grifo. Cette voiture de Grand Tourisme avait été conçue par Giotto Bizzarrini et Renzo Rivolta, avec une carrosserie remarquablement équilibrée, mêlant agressivité et élégance, dessinée par Bertone. Comme c’était souvent le cas dans les années 1960/1970 chez les constructeurs artisanaux, Rivolta choisissait un moteur américain pour propulser son bolide. Cette formule présentait des avantages sur le plan de la facilité d’utilisation et de la fiabilité, par rapport aux mécaniques italiennes certes plus nobles, mais aussi plus délicates et fragiles.
D’abord équipée d’un V8 Chevrolet 5,4 litres lors de sa présentation en 1965, la Grifo a été épaulée en 1968 par une version 7 litres caractérisée par son imposante prise d’air dépassant du capot. En 1970 apparaissait la Série II avec ses élégants phares semi-escamotables dessinés par Gandini. Le moteur Chevrolet 427 cédait ensuite la place au nouveau 454, le plus puissant ayant jamais équipé les Grifo. Le constructeur annonçait une vitesse de point de 300 km/h ce qui, pour l’époque, était tout à fait remarquable.

Seulement 413 Grifo de tous types ont été construites avant que la production de l’Iso ne prenne fin en décembre 1974,

Le modèle présenté est donc exceptionnel à plusieurs titres: c’est une version rare et très puissante d’une des plus belles GT des années 1970

Adjugée 441 040 € en février 2017 à Paris.

 

Dernière des cinq Grifo série 2 à conduite à droite équipées du moteur V8 Chevrolet 5,7 litres à petit bloc, elle était dotée de la direction assistée et de l’air conditionné.
Cette auto a fait l’objet d’une exceptionnelle restauration. Vendue 526 359 € en Angleterre.