Pour moderniser sa gamme, Maserati présente au salon de Genève 1962 une variante du coupé 3500 Touring, dessinée par le designer Giovanni Michelotti alors en poste à la carrosserie Vignale.
Badgé GTi S et basé sur le châssis plus court du Spyder, ce coupé sera baptisé Sebring en hommage à la victoire obtenue sur ce circuit par la 450S de Fangio et Behra.

La Sebring, qui conserve les dimensions extrêmes de la 3500 GT, apparaît bien plus légère et élancée. Prioritairement destinée au marché d’outre-Atlantique, cette GT, qui s’inscrit dans la pure tradition italienne, se trouve pimentée de quelques attributs caractéristiques du design américain. Parfaitement réussie, cette synthèse esthétique préserve l’homogénéité du style et confère son charme unique à la voiture – à l’image du pare-brise panoramique et des ailerons à peine esquissés. Habile concession à l’air du temps, ceux-ci n’altèrent en rien le classicisme de la ligne. A une face arrière pleine de caractère fait écho une proue en gueule de poisson vorace, frappée en son centre de l’attribut de Poséidon.
Mais le traitement du pavillon constitue sans doute le trait le plus remarquable de ce design inspiré. Basse et courte, sa forme sportive ne laisse en rien augurer d’une spacieuse 2 + 2 à l’habitabilité arrière généreuse.

Elle adopte de série une alimentation par injection Lucas déjà expérimentée en course par Alfieri. Elle est plus richement équipée que sa devancière, avec notamment des vitres électriques. Sa ligne moderne à quatre phares juxtaposés et elle dépasse assez rapidement la 3500 GT en chiffres de vente.

Deux séries de Sebring – simplement appelées « Serie I » et « Serie II » – seront produites ; les différences entre ces deux variantes se cantonnent essentiellement à l’augmentation de la cylindrée et donc, a fortiori, de la puissance : de 3 485 cm3 235 ch à3 694 cm3 pour 245 ch.
Certaines voitures furent livrées avec un moteur de 4 litres de 255 ch vers la fin de la production en 1969.

Le moteur est accolé à une boîte ZF cinq rapports, les suspensions avant indépendantes font appel à des triangles superposés et à des ressorts hélicoïdaux, tandis que l’arrière comporte un système traditionnel à pont rigide oscillant sur ressorts à lames semi elliptiques tandis que des freins à disque équipent les quatre roues.

Du point de vue performances, le principal atout de la Sebring est le sentiment d’extrême sécurité qu’elle donne même à grande vitesse.

Produite à 938 exemplaires entre 1962 et 1968, y compris la série 2 lancée en 1965, la Sebring est devenue une Maserati très convoitée par les collectionneurs de la marque au trident.