Le rachat des Automobiles René Bonnet le 1er Octobre 1964 par Matra est suivi de la création de la branche Matra Sports deux semaines plus tard, marquant le début d’une aventure automobile peu commune. Parmi les cadres de la nouvelle société se trouve Jean Luc Lagardère. Il détermine rapidement un plan d’action et des objectifs à atteindre : obtenir les titres constructeurs en Formule 1 et en endurance. Le top, pas moins.

La Matra M530 a été la première voiture conçue en interne par la société. En 1965, le PDG de Matra, Jean-Luc Lagardère, a décidé que sa société devait construire sa propre voiture de sport plus axée sur la route. La Matra 530 a été baptisée d’après le missile R530 de la société, conçu par l’ancien designer de Simca, Philippe Guédon. Le style inspiré de la Matra 620 de course est approuvé fin 1964. La plateforme en éléments en tôle soudés se substitue au châssis-poutre et la carrosserie est réalisée en résine époxy. Si des moteurs BMW et Renault ont été étudiés pour motoriser la future 530, c’est finalement le V4 Ford et sa boîte qui sont retenus, car compacts et fiables.

Conçue pour remplacer la Jet, la 530 est un sympathique coupé targa avec un toit rigide amovible en deux parties qui se rangent dans le coffre avant. La lunette arrière de la voiture est relevable pour permettre s’accéder au moteur qui est disposé en position centrale arrière. Elle est aussi amovible jusqu’en 1970, faisant presque de la Matra 530 un cabriolet. La M530 était également équipée d’un toit targa, de phares escamotables et était clairement en avance sur son temps.

L’architecture et les trains roulants du modèle garantissent une tenue de route efficace. L’inspiration de la compétition se fait sentir. Lors de sa conception, plusieurs moteurs furent envisagés : le 1600 de la Renault 16, le 1800 BMW, le 1500 VW, pour finalement conserver un V4 Ford de 1700 cc qui équipait les Taunus. Fort de 73 chevaux, ce moteur était particulièrement coupleux et suffisamment vaillant pour déplacer sans mal les quelques 930 kilogrammes de l’auto. Son design atypique ses quatre places sont ainsi le fruit du travail des équipes Matra qui la voulait être « la voiture de la joie de vivre » ou « voiture des copains ».

Présentée au Salon de Genève 1967, la 530 possède une très bonne tenue de route, une suspension très confortable et un excellent freinage. Destinée à une clientèle jeune, proposée trop chère, la cible la délaissera au profit de la Simca 1000 ou la R8. La voiture obtiendra un énorme coup de pub lorsqu’elle apparaîtra entre les mains de Jean Gabin dans le film ‘le Pacha’ de Georges Lautner.

Comme son prédécesseur, la voiture est construite sur un châssis en acier avec une carrosserie en polyester et un moteur central. Afin d’obtenir une configuration 2+2, un moteur central et un coffre raisonnable, la société a opté pour le moteur Ford Taunus V4 de 1700 cc et sa boîte de vitesses, en raison de sa compacité.

Ses difficultés de démarrage ajouté au manque de caractère du moteur Ford V4 et à un prix élevé font que la Matra 530 est un échec commercial malgré toutes les qualités intrinsèques de cette première Matra originale. Sa remplaçante la Matra-Simca Bagheera connaîtra un meilleur sort. Au total, 9 609 exemplaires de la M530 furent construits à Romorantin.

Comptez 20 000 €.

En mars 1970, la M 530 est remplacée par la M 530 LX. Celle-ci est immédiatement reconnaissable aux butoirs avant en caoutchouc (à la place de la barre de protection tubulaire), aux bas de caisse et à la face arrière noir mat avec des bordures chromées, aux roues sans enjoliveurs avec des cabochons en plastique noir, à la lunette arrière non amovible en verre et au tableau de bord imitation bois avec un rembourrage de sécurité. Les roues en alliage léger sont en option.