Le 48e Salon de Turin, qui ouvre ses portes le 3 novembre 1966, est “le” Salon des 124. C’est la première fois que les halls du Torino Esposizioni accueillent la nouvelle familiale Fiat qui se dévoile dans tous ses états. Les visiteurs peuvent examiner de près la berline, qui circule pourtant déjà depuis quelques mois, découvrir le break et la décapotable, mais également admirer une quantité étonnante de pièces uniques, dont la plupart le resteront mais dont certaines donneront lieu à des productions en petite, voire très petite série. C’était l’époque glorieuse où Fiat lançait au moins un nouveau modèle tous lles six mois. Modèles que les carrossiers s’empressaient d’interpréter à leur sauce en les parant de robes élégantes, innovantes ou simplement « à la mode ».

Sous les voûtes turinoises, beaucoup de prototypes sur base 124 sont donc exposés. Francis Lombardi présente la Smart, une berline à deux portes entièrement redessinée, Touring dévoile de son côté un intéressant cabriolet, la C4, qui conserve la partie inférieure de la berline mais offre deux longues portes de quatre (Ce sera le chant du cygne de cette entreprise qui, peu après, déposera le bilan). Vignale aborde lui aussi le thème du coupé alors que Savio et OSI, avec respectivement la Savana et la Cross-Country, utilisent les soubassements mécaniques de la 124 pour en tirer deux voitures de loisirs très réussies.
Pininfarina, auteur (et producteur) de la 124 Sport Spider de série, en décline un coupé à deux places doté d’un toit rigide avec lunette panoramique enveloppante qui ne sera malheureusement pas retenue.
La carrosserie coupé séduit également Moretti, un petit constructeur turinois qui, à l’aube des années 60, a vu sa production évoluer, passant d’une totale autonomie (et d’un marché quasi inexistant) à la fabrication en petite série de dérivés Fiat le plus souvent sportifs.

Moretti expose sur son stand une 124 berlinette (un coupé à pavillon haut ou une berline à deux portes) à la ligne originale qui fera couler beaucoup d’encre à cause de ses ailes avant très sinueuses, hautes au niveau des roues, plus basses de part et d’autre. Un style que reprend la Fiat Dino Spider, également présentée au Salon. Beaucoup pensent alors que Moretti a copié Aldo Brovarone, le dessinateur de Pininfarina auteur de la Dino.

La Moretti 124 est produite à partir de janvier 1967 dans l’usine de Via Monginevro et utilise la mécanique de la berline (moteur 1 197 cc culbuté de 60 ch) et coûtera 1 450 000 lires lors de son lancement prévu en février, soit un surcoût de 40% par rapport à la Fiat standard !

La Moretti 124 S dévoilée au Salon de Turin d’octobre 1968, utilise un nouveau et inattendu moteur de 1 438 cc de 70 ch, et la voiture reprend les optiques arrière rectangulaires de la Fiat 124 Special dont elle reprend également les jantes.

Ces ingrédients composent une sportive pétillante sans être fougueuse et dotée d’une personnalité unique.

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