Après-guerre, Panhard, la marque doyenne, se met à l’heure du jour, en produisant simple, robuste et efficace. Après la Dyna X et ses dérivés, place à la Z. Mais la firme du Quai d’Ivry n’oublie pas les carrosseries hors-série qui ont participé à l’essor de sa notoriété. La seule différence avec le temps d’avant : comme de nombreux constructeurs concurrents, c’est qu’elle sous-traite la production de ces modèles de luxe et de bon goût, à des carrossiers spécialisés. Dans le même temps, l’industrie automobile Belge, florissante et luxueuse mais confidentielle avant le conflit, va se contenter à la Libération d’assembler les modèles d’autres marques étrangères.

C’est ainsi qu’à l’automne 1953, Panhard confie l’assemblage de la Dyna 54 et de la Dyna Junior à la carrosserie d’Ieteren. Et d’Ieteren présente aussi au Salon de Bruxelles de 1954, une Junior revisitée par ses soins, qui sera produite à une soixantaine d’exemplaires. Fort de ce succès, l’industriel belge décide de réaliser un cabriolet sur base de Dyna Z ; un pari osé puisqu’il s’agit d’une carrosserie monocoque.

Le Cabriolet d’Ieteren est présenté au Salon de Bruxelles 1956. La maison-mère Panhard semble intéressée, mais la tutelle de Citroën limite les initiatives, et il faudra attendre mai 1957 pour que la Z15, c’est son nom, ne voit le jour… sans d’Ieteren !

Au Salon de Paris 1958, le cabriolet Dyna Z devient Z17, avec quelques améliorations comme les roues de diamètre plus petit et un nouvel aménagement intérieur. La dernière évolution arrivera en mars 1959, avec l’apparition du moteur « Tigre » qui équipera la Z17 en option, peu de temps avant l’apparition de la PL 17, également déclinée en cabriolet. Le cabriolet Dyna Z17 poursuivra sa carrière jusqu’en avril 1960. 550 cabriolets Dyna Z furent construits, dont 169 Z17, parmi lesquels on compte quelques rares versions Tigre.

L’exemplaire présenté ici est l’une de ces 169 Panhard Dyna Cabriolet Grand Standing Z17 (châssis 1090103), et l’une des rares Tigre de la confidentielle série. Elle fut restaurée à la fin des années 1980 par le précédent propriétaire, qui négligea quelques « détails » non conformes, que les Panhardistes patentés auront déjà relevés : revêtement de tableau de bord non d’origine, montre et comptetours empruntés à une PL 17, combinaison de couleurs élégante mais non d’origine… Néanmoins, cette Z17 s’avère un très exclusif cabriolet français des années 1950, disposant d’une mécanique fiable et très performante.

Comptez  de 70 à 80 000 €.