Juste avant le Salon de l’Automobile de Genève en mars 1968, Giovanni Michelotti était sur le point d’organiser la présentation de la nouvelle Triumph Stag sur son stand.

Mais les directeurs de Standard Triumph ont soudainement changé d’avis et ont décidé de mettre la Stag sur le stand officiel de Triumph. Michelotti se retrouve donc avec un espace vacant. Il doit réagir rapidement et décide de concevoir un prototype, qu’il présente comme l’évolution de la TR5 – la future TR6 !

Michelotti pense immédiatement à son étude de roadster Fury, créée en 1964 sur base de Triumph 2000. Avec son élégante carrosserie autoporteuse, la Triumph Fury se voulait une alternative plus moderne aux Spitfire et TR4. Si elle ne dépassa cependant pas le stade de prototype, elle existe toujours et fait le bonheur d’un passionné.

Employés, amis et membres de la famille travaillent 14 jours et 14 nuits pour préparer ce prototype appelé TR5 Ginevra (Genève en italien). Michelotti obtient de l’usine un châssis spécial (et non pas un châssis d’usine) pour construire son prototype numéroté X760 (prototype) ainsi qu’un moteur 6 cylindres en ligne de 2 litres de la Triumph 2000 équipé d’une injection Lucas spéciale. Elle était équipée d’une boîte de vitesses standard à 4 rapports + surmultipliée.

La Ginevra remporte un immense succès au salon et beaucoup regretteront plus tard que la TR6, dévoilée à peine un an plus tard, n’ait pas été habillée par Michelotti. Giovanni Michelotti ramène donc le prototype chez lui après le salon qui lui a donné son nom et il utilise ensuite comme sa voiture de fonction personnelle.

 

Vendue en 1981 au suisse  Werner Bärtschi qui l’utilise régulièrement, la TR5 Ginevra reste une pièce unique pour le plus grand plaisir de son propriétaire actuel.