A partir de 1955 et pendant 20 ans, Citroën produira l’une de ses plus belles automobiles : la DS. Grande remplaçante de la Traction, cette nouvelle automobile se démarque d’abord par son style. Une carrosserie à la fois élégante et élancée, tout cela pour habiller un concentré de technologie automobile : freins à disque assistés à l’avant, boite de vitesse à commande hydraulique, direction assistée et confort de conduite dû à une suspension hydropneumatique propre à la marque aux deux chevrons. La présentation de cette voiture au look futuriste enflamme les spectateurs et la presse lors de sa présentation au Salon de l’automobile de Paris. Mais, parmi ces spectateurs, l’un s’étonne de ne pas voir de version cabriolet.

C’est ainsi qu’en 1958, d’un commun accord avec Citroën, Henri Chapron, célèbre carrossier, dévoile sur son stand de ce même salon sa propre version découvrable. Le Cabriolet Chapron était né ! Le succès est fulgurant, à tel point que Citroën s’entend avec le carrossier pour produire des cabriolets dit « d’usine ». Alors que la marque installée Quai de Javel adopte une stratégie d’étalement de gamme (version ID, Break, coupé Le Dandy, …), le cabriolet DS n’échappera pas à cette règle. Plusieurs versions de cette automobile furent proposées en collaboration avec Chapron.

Parmi elles, le cabriolet Palm Beach et ses quatre places, puis sa version coupé Concorde. Mais l’une des versions les plus exceptionnelles de ce cabriolet DS reste la version La Croisette. C’est d’ailleurs cette version- là qui sera présentée sur le stand Chapron en 1958. Pour cette première version, le cabriolet reprend les ailes de la berline. La séparation entre ces ailes et le reste de la carrosserie est visible la première année. Elle sera ensuite masquée par une languette chromée. Suivant cette transformation, les ailes arrière recevront une échancrure, rendant la ligne plus gracieuse. Pour la troisième série, à partir de l’année-modèle 1960, l’aile arrière s’étend de la portière jusqu’au parechoc arrière, d’une seule pièce. La baguette chromée disparait alors mais l’échancrure restera présente.

La voiture présentée ici est une ID produite en 1960. Elle présente bien, dans sa couleur gris anthracite avec les bas de caisses gris clair. Le tout est élégamment habillé d’une capote noire en excellent état. Les baguettes chromées s’étirant des feux avant jusqu’aux portières sont en bon état, surmontées de l’inscription La Croisette.

Cet exemplaire (Châssis 3104993) fait partie de la quinzaine d’exemplaires produits. Vendue 180 000 €.